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Types de chapeaux : 11 formes à reconnaître, du panama au melon

Chapeau Milano en raphia tressé inspiré du fedora
Chapeau Milano en raphia tressé, calotte structurée inspirée du fedora
Le Milano, en raphia tressé : une silhouette de fedora.

Non, le borsalino n'est pas une forme de chapeau. C'est le nom d'une chapellerie italienne. Le panama, lui, n'a jamais été fabriqué au Panama. Et le melon doit son nom anglais à deux chapeliers londoniens. Les noms de chapeaux trompent souvent, parce qu'ils viennent d'une pièce de théâtre, d'un roman, d'une ville ou d'une marque.

Pour reconnaître un type de chapeau, oubliez le nom et regardez trois détails : la calotte, le bord et la façon dont il se porte. Ce guide passe en revue onze formes, regroupées par familles, avec leur histoire en bref. Pour chacune, nous indiquons si vous la trouverez chez nous, et dans quelle matière. Nous avons laissé de côté les chapeaux de cérémonie comme le haut-de-forme, et les couvre-chefs de tissu comme la casquette.

Trois repères pour lire un chapeau

La calotte

La partie qui couvre la tête. Ronde, plate, haute ou creusée d'un pli. C'est elle qui donne la famille du chapeau.

Le bord

Il fait le tour. Court ou large, plat, relevé ou tombant. C'est lui qui décide de l'ombre et de l'allure.

Le bandeau

Ruban, cordon en cuir ou tresse à la base de la calotte. Il change le caractère d'un chapeau sans changer sa forme.

Un quatrième repère ne se voit pas : la taille. Un chapeau se choisit à son tour de tête, mesuré juste au-dessus des oreilles. Notre guide pour mesurer son tour de tête explique le geste.

Les calottes pincées : fedora, trilby, borsalino, pork pie

Quatre noms, une même famille. Leur point commun : une calotte creusée sur le dessus. Ce qui les sépare tient surtout au bord.

Le fedora

Son nom vient de Fédora, une pièce de Victorien Sardou créée à Paris en 1882, où Sarah Bernhardt portait un chapeau de feutre souple. Calotte creusée et pincée à l'avant, bord moyen souvent abaissé devant. En feutre l'hiver, en paille l'été. Le Milano en reprend les lignes en raphia tressé, avec une calotte structurée et un bord mi-long. C'est souvent la forme la plus simple pour un premier chapeau.

Le trilby

Le petit frère du fedora : bord plus court, abaissé devant et relevé derrière. Son nom vient de Trilby, roman de George du Maurier paru en 1894, dont l'adaptation au théâtre à Londres a popularisé ce chapeau. Porté un peu en arrière, il dégage le visage, et on le voit plus souvent en ville qu'à la plage. Nous n'en proposons pas.

Le borsalino

Une maison, pas une forme. Giuseppe Borsalino ouvre son atelier de chapellerie en 1857 à Alessandria, en Italie. Ses fedoras en feutre deviennent si connus que son nom sert de nom commun. Le mot désigne donc une allure plus qu'un modèle précis, ce qui explique qu'on le croise sur tant de fiches produits. Le Borsa reprend cette silhouette en raphia crocheté à Madagascar.

Le pork pie

Calotte basse au sommet plat, bord court souvent relevé. Il doit son nom anglais à sa ressemblance avec une tourte au porc. D'abord porté par les femmes au XIXe siècle, il revient dans les années 1920 grâce à Buster Keaton, qui en fait sa signature à l'écran. Le saxophoniste Lester Young l'adopte ensuite sur scène. Nous n'en proposons pas.

Les pailles d'été : panama et canotier

L'un vient d'Équateur, l'autre des bords de rivière en France. Les deux sont nés en paille, et ce sont aussi les deux formes les plus copiées.

Le panama

Au sens strict, un panama est tissé à la main en Équateur, dans la paille toquilla. Il doit son nom aux voyageurs qui l'achetaient sur l'isthme de Panama, puis à Theodore Roosevelt, photographié avec ce chapeau en 1906 sur le chantier du canal. Calotte pincée au centre, bord souple, ruban sombre. Pour ne pas le confondre avec un fedora, regardez le bord, plus souple, et la paille claire. Le Pana en reprend la forme en raphia crocheté. Ce n'est pas un panama équatorien, et nous préférons le dire.

Le canotier

Calotte plate, bord plat et rigide, ruban tout autour. De profil, il dessine presque un rectangle, ce qui le rend reconnaissable de loin. Il apparaît en France au XIXe siècle chez les amateurs de canotage, puis devient la signature de Maurice Chevalier au music-hall. Le Palmira en est une version en paille brillante, forme plate et ruban noir. Sa rigidité est aussi sa limite : il ne se plie pas et se range seul, bord libre.

Chapeau Borsa en raphia crocheté style borsalino

Borsa : la silhouette borsalino, crochetée

Chapeau Pana en raphia crocheté à la forme panama

Pana : la forme panama, en raphia

Canotier Palmira en paille brillante avec ruban noir

Palmira : un canotier en paille brillante

« Style panama », « inspiré du fedora » : comment lire une fiche produit

Les vendeurs écrivent souvent « style » ou « inspiré de ». Nous aussi. Cela veut dire que le chapeau reprend la silhouette d'une forme, pas sa matière d'origine. Un fedora en raphia n'est pas un fedora en feutre, et une forme panama n'est pas un panama équatorien. La forme se juge à la calotte et au bord. La qualité se juge à la matière, au travail et aux finitions. Méfiez-vous aussi des noms de marque employés comme des formes : un « borsalino » vendu à bas prix n'a en général rien à voir avec la maison d'Alessandria.

Deux silhouettes opposées : la cloche et la capeline

La cloche

Calotte haute et arrondie, bord court qui descend sur le front. On l'attribue souvent à la modiste parisienne Caroline Reboux, vers 1908. Elle devient le chapeau des années 1920, porté bas sur des cheveux coupés court. Enfoncée sur le front, elle se portait tête droite, et c'est tout le style de l'époque. Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF, raconte cette époque dans un dossier sur les chapeaux des Années folles. Chez nous, le Lison est une cloche en raphia crocheté à motifs de fleurs.

La capeline

Calotte ronde, bord large et souple qui retombe. C'est le chapeau de plage et de jardin, celui qui donne le plus d'ombre au visage et à la nuque. Plus le bord est large, plus il prend le vent : les jours de brise, on la tient souvent d'une main. Elle se choisit aussi à sa silhouette : un très grand bord peut écraser une petite stature, un bord moyen reste plus facile au quotidien. Nous en proposons plusieurs dans la collection capeline en raphia, et nous lui avons consacré un article entier.

Nés pour le travail : cowboy, bob et melon

Avant d'être des accessoires, ces trois chapeaux ont protégé des gens qui travaillaient dehors.

Le cowboy

En 1865, le chapelier John B. Stetson crée le « Boss of the Plains », un feutre à calotte haute et bord large, pensé pour la vie au grand air. Avec le temps, les côtés du bord se relèvent et la calotte se pince. En paille, il devient un chapeau d'été léger. Les côtés relevés servent alors surtout à l'allure : ils dégagent le visage et laissent passer l'air. Le Dallas reprend cette allure en raphia crocheté, avec des bords modulables et un tour en cuir.

Le bob

Calotte ronde, bord court et tombant tout autour. Il aurait été porté au début du XXe siècle par des fermiers et des pêcheurs irlandais, contre la pluie. Il se plie dans une poche et revient régulièrement à la mode. Nous n'en proposons pas : c'est un chapeau de tissu, pas de fibre tressée.

Le melon

Londres, décembre 1849. Edward Coke commande chez le chapelier Lock & Co un chapeau solide pour son garde-chasse : aussi rigide qu'un haut-de-forme, mais moins haut, pour ne pas se prendre dans les branches. Les frères Thomas et William Bowler le fabriquent. D'où son nom anglais, bowler, tandis que le français retient sa calotte ronde. Feutre rigide, bord court légèrement relevé. Charlie Chaplin en fera la silhouette de Charlot. L'article Wikipédia sur le chapeau melon raconte la suite. Nous n'en proposons pas.

Chapeau cloche Lison en raphia crocheté à motifs de fleurs

Le Lison : une cloche crochetée, à motifs de fleurs

Chapeau cowboy Dallas en raphia crocheté avec tour en cuir

Le Dallas : un cowboy en raphia, bords modulables

Les onze formes en un tableau

Forme Calotte Bord Esprit Chez nous
Panama Pincée, pli au centre Moyen, souple Été, voyage Forme reprise en raphia
Fedora Creusée, pincée devant Moyen, abaissé devant Ville Oui, en raphia tressé
Trilby Creusée, pincée devant Court, relevé derrière Ville, rétro Non
Borsalino Comme le fedora Moyen Classique italien Style borsalino en raphia
Pork pie Basse, sommet plat Court, relevé Jazz, rétro Non
Canotier Plate Plat et rigide Guinguette, mariage Oui, en paille brillante
Cloche Haute et ronde Court, tombant Années 1920 Oui
Capeline Ronde Large, souple Plage, jardin Oui
Cowboy Haute, pincée Large, côtés relevés Campagne, festival Oui
Bob Ronde Court, tombant Pluie, décontracté Non
Melon Ronde et rigide Court, un peu relevé Ville, XIXe siècle Non

Les dates qui ont nommé nos chapeaux

La plupart des noms que nous utilisons se fixent entre le milieu du XIXe siècle et les années 1920.

1849 : le melon naît à Londres, chez Lock & Co.

1857 : Giuseppe Borsalino ouvre son atelier à Alessandria.

1865 : John B. Stetson crée le « Boss of the Plains ».

1882 : la pièce Fédora de Victorien Sardou est créée à Paris.

1894 : parution du roman Trilby de George du Maurier.

1906 : Theodore Roosevelt porte un panama sur le chantier du canal.

Vers 1908 : la cloche apparaît, attribuée à Caroline Reboux.

Années 1920 : la cloche et le pork pie de Buster Keaton sont partout.

Chaque forme a son point fragile

Connaître la forme aide aussi à l'entretenir. Chaque famille a une partie qui souffre en premier.

  • ✦Capeline : le grand bord souple, qui ondule sous le moindre poids. Rangez-la à l'envers, sur sa calotte.
  • ✦Canotier : le bord plat et rigide, qui se gondole ou se fend. Rien ne doit reposer dessus.
  • ✦Fedora et style borsalino : les creux de la calotte, qui s'aplatissent. Glissez du papier de soie dans les creux.
  • ✦Cowboy : les côtés relevés, qui retombent. Calez-les avec un rouleau de papier.
  • ✦Cloche en raphia crocheté : la calotte, qui se tasse. Remplissez-la avant de la ranger.

Une forme, plusieurs matières

La même silhouette ne se comporte pas pareil selon la fibre. C'est souvent la matière qui décide du confort et de la tenue.

Raphia crocheté

Souple et léger. Le chapeau se remet facilement en forme, mais se tasse s'il est écrasé. C'est la matière de la plupart de nos chapeaux, crochetés à la main à Madagascar.

Raphia tressé

La même fibre, tressée plutôt que crochetée. La tresse donne une calotte plus structurée, qui tient les formes nettes comme celle du fedora.

Paille brillante

Un fini lumineux et une tenue plus rigide. Elle convient aux formes à bord plat, comme le canotier, qui doivent garder une ligne droite.

Sisal

Une fibre d'agave fine et résistante. Ajourée, elle laisse passer l'air et la lumière tout en gardant une silhouette tenue.

Le feutre, enfin, reste la matière d'origine du fedora, du trilby, du melon et du cowboy. C'est une matière d'hiver, que nous ne travaillons pas. Pour un chapeau porté en plein soleil, une fibre ajourée est plus agréable. Pour un chapeau de ville, une tresse serrée garde mieux sa ligne.

Quelle forme choisir pour commencer ?

  • ✦Un premier chapeau ? Un fedora ou une forme panama. Le bord moyen reste discret et va avec un jean comme avec une robe.
  • ✦Beaucoup d'ombre ? Une capeline. Plus le bord est large, plus il abrite le visage et la nuque.
  • ✦Les cheveux courts ? La cloche et le canotier dégagent la nuque et encadrent une coupe courte.
  • ✦Un mariage ? Canotier ou capeline, selon le style de la fête et de votre tenue.
  • ✦De longues marches ? Un modèle ajouré et une calotte assez haute, qui garde de l'air entre la tête et la paille.
  • ✦Un doute selon votre visage ? Suivez notre guide pour choisir un chapeau selon la forme du visage.

Chapeau d'homme ou de femme ? Aucune de ces onze formes n'est réservée à l'un ou à l'autre. L'histoire les a parfois rangées d'un côté : le melon et le trilby au vestiaire masculin, la cloche au féminin, le pork pie d'abord chez les femmes puis chez les hommes. Aujourd'hui, ces frontières comptent peu. Ce qui change, c'est la taille et la façon de porter le chapeau : droit ou incliné, bord relevé ou abaissé.

Une fois choisi, un chapeau dure longtemps s'il est bien traité. Deux gestes suffisent le plus souvent : le nettoyer sans l'abîmer et le ranger sans écraser le bord.

Fedora, panama, canotier, cloche, capeline, cowboy : nos modèles sont réunis dans une même collection, pour comparer les formes côte à côte.

Comparer nos chapeaux

Vos questions sur les types de chapeaux

Quelle différence entre un fedora et un borsalino ?

Aucune de forme. Le fedora est le nom de la silhouette. Borsalino est le nom d'une chapellerie italienne fondée en 1857, dont les fedoras en feutre sont devenus si célèbres que la marque sert de nom commun.

Un panama est-il forcément en paille toquilla ?

Au sens strict, oui : c'est un chapeau tissé en Équateur. Dans la langue courante, « panama » désigne aussi la forme, quelle que soit la matière. Un vendeur honnête précise laquelle des deux il vous vend.

Quels types de chapeaux pour un homme ?

Le fedora, la forme panama, le style borsalino et le cowboy sont les plus portés en été. Vous les trouverez dans notre collection chapeau homme.

Quelle différence entre un melon et un haut-de-forme ?

Tous deux sont en feutre rigide. Le haut-de-forme a une calotte très haute et cylindrique. Le melon a été pensé en 1849 pour offrir la même solidité avec une calotte basse et ronde, plus pratique au quotidien.

Un chapeau en raphia crocheté garde-t-il sa forme ?

Oui, s'il est bien traité. Le crochet donne un chapeau souple, qui se remet en forme facilement, mais qui se tasse s'il est écrasé. Rangez-le calotte soutenue et bord libre.

Existe-t-il des chapeaux unisexes ?

Oui. Le fedora, la forme panama ou le cowboy se portent aussi bien par un homme que par une femme. Seules la taille et la façon de l'incliner changent. Notre collection chapeau unisexe réunit ces modèles.

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